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Témoignages

Le saviez-vous ?

Quels sont les objectifs du projet Balard ? Le projet de regroupement à Balard de l’administration centrale du ministère de la Défense répond à plusieurs objectifs : Un ministère plus efficace, regroupé sur un site unique plutôt que dispersé sur une douzaine de sites parisiens ; Un ministère modernisé et plus économe, par la mutualisation des moyens [...]

Le saviez-vous ?

Quels sont les objectifs du projet Balard ?

  • Le projet de regroupement à Balard de l’administration centrale du ministère de la Défense répond à plusieurs objectifs :

  • Un ministère plus efficace, regroupé sur un site unique plutôt que dispersé sur une douzaine de sites parisiens ;
  • Un ministère modernisé et plus économe, par la mutualisation des moyens de fonctionnement ;
  • Une gestion plus rationnelle des emprises parisiennes du ministère ;
  • De meilleures conditions de travail au quotidien pour le personnel civil et militaire ;
  • Un grand geste architectural pour l’Etat, pour les armées et pour Paris.

Le projet Balard permettra de réunir en un même lieu les états–majors (EMA, EMAT, EMM, EMAA) actuellement dispersés sur trois sites séparés et de rendre effective la réorganisation des états-majors décidée en 2009, dans le sens de l’interarmisation qui est aujourd’hui indispensable à la conduite des opérations, à la gestion des crises, à la recherche d’une plus grande efficience et d’une optimisation des moyens mis en œuvre.

Au-delà de la rationalisation de la gouvernance au sein des armées, le projet va également permettre de favoriser les synergies fonctionnelles, par métier, entre les armées, la DGA et les services administratifs. L’implantation des entités civiles et militaires à Balard a été conçue selon une analyse fonctionnelle conduite de façon transversale entre toutes les entités ministérielles centrales.

 

 

Qu’est ce qu’un PPP ?

Le nouveau ministère de la Défense à Balard fait l’objet d’un montage juridique et financier innovant : le contrat de partenariat public-privé (PPP). L’Etat, qui dispose du terrain, a défini le programme de l’opération et son calendrier, et va confier à un opérateur la conception, la réalisation et l’entretien de l’ensemble immobilier construit pour 30 ans.

 

 

Qu’est ce qu’Opale Défense ?

OPALE DEFENSE, est la société de projet regroupant toutes les entreprises qui interviennent sur le Projet Balard; toutes ces Entreprises sont partenaires et forment l’Elite française de l’Industrie, de la Finance, et des Services.

OPALE DEFENSE est l’interlocuteur unique du Ministère de la Défense.

OPALE DEFENSE a une mission principale : Procurer un service répondant fidèlement et durablement aux besoins du Ministère.

  • L’Intervention de Bouygues Bâtiment Ile-de-France et des Co-traitants :
  • Bouygues Bâtiment Ile-de-France intervient en qualité de Coordinateur, Concepteur et Constructeur,
  • Bouygues Bâtiment Ile-de-France est le mandataire du groupement,  il sera le garant de toute l’opération de conception et réalisation (bâtiment et systèmes),
  • Exprimm, Thales, Sodexo, assureront l’exploitation, la maintenance et les services des bâtiments pendant 27 années, à compter de la livraison.

 

Quelles sont les sociétés appartenant à Opale Défense ?

-          Bouygues Bâtiment Ile-de-France, filiale francilienne de Bouygues Construction : garant de toute l’opération de conception et réalisation (bâtiments et systèmes) et mandataire du groupement,

-          Thales Communication & Security S.A : conception, réalisation, exploitation des systèmes d’information et de communication et de sûreté,

-          Sodexo France : exploitation des services, conception exploitation des espaces de restauration,

-          Dalkia France : conception, réalisation, exploitation des solutions énergétiques du site,

-          Exprimm : exploitation, maintenance et entretien des sites,

-          FIDEPPP et SEIEF : partenaires financiers privés,

-          Caisse des Dépôts : partenaire financier public.

Ces sociétés sont actionnaires d’Opale-Défense.

 

 

Qui sont les architectes du projet ?

Trois agences d’architectes ont travaillé à la conception des bâtiments neufs ou à la rénovation des bâtiments existants :

• Nicolas Michelin, A/NM/A (Agence Nicolas Michelin et Associés), pour la partie centrale du site : la parcelle Valin et le bâtiment principal du ministère, ainsi que pour le bâtiment situé sur la Cité de l’Air en bordure de l’avenue de la Porte de Sèvres. A/NM/A est également coordonateur de l’ensemble du projet architectural.

• Jean-Michel Wilmotte pour les quatre immeubles locatifs de bureaux sur la Corne Ouest, la parcelle la plus occidentale.

• Pierre Bolze des Ateliers 2/3/4/ pour la rénovation des bâtiments de la Cité de l’Air.

 

Qu’est ce que la machine naturelle ?

Le ministère est conçu comme une machine naturelle. Sa toiture plissée en trois cheminées majeures complétées de cinq cheminées mineures et son plan original en cour-jardin, assureront pour la quasi-totalité des bureaux une ventilation naturelle assistée. Le bâtiment fonctionnera naturellement et de manière autonome dix mois par an.
L’été, l’air neuf, pris dans les cours, rafraîchi par les plantes et l’eau, sera capté jusqu’au faîtage d’où il sera extrait naturellement grâce au gradient thermique et au vent. Ce dispositif de ventilation naturelle tirera parti à la fois des vents dominants et des différences de températures. L’hiver, l’air tiré par les cheminées sera réchauffé durant son parcours. Les cheminées, équipées d’échangeurs, opèreront au passage de l’air extrait, une récupération d’énergie gratuite. Ces cheminées seront le point d’aboutissement d’une multitude de gaines qui prélèveront dans chaque bureau un tirage d’air avec les mêmes performances garanties qu’un système mécanique performant type double flux. Sur le plan de l’exploitation, la quasi absence d’organes mécaniques sera aussi un facteur de simplification de l’entretien et d’économies.
La toiture captera l’énergie solaire sur 7 000 m². Ce système permettra la production de ~ 10 kWhep/m²/an, ce qui en fera la plus grande toiture solaire de Paris. Cette toiture, geste architectural fort, sera rendue techniquement possible grâce à l’utilisation de panneaux mono cristallins (couleur zinc des toits parisiens).
Enfin, des systèmes de géothermie et de récupération de chaleur seront intégrés au bâtiment. C’est donc un dispositif très novateur qui sera mis en place, une architecture écologique qui répondra aux attentes et aux besoins du XXIème siècle.
La circulation de l’eau est un système naturel pour rafraîchir l’air des bureaux. Ainsi, les patios végétalisés sont des îlots de fraîcheur en été grâce à l’évaporation de l’eau contenue dans les plantes et les bassins des jardins. Ces patios seront arrosés grâce à l’eau de pluie récoltée sur les toitures stockée et réutilisée.
L’air neuf sera aspiré dans les patios-jardins, permettant à la végétation de jouer un rôle important dans l’amélioration de la qualité de l’air intérieur. Les performances de ce bâtiment lui permettront d’être une référence énergétique durable et de respecter les futures normes thermiques. Les consommations de chauffage, climatisation des seules salles informatiques et des locaux enfouis, éclairage, ventilation, eau chaude seront divisées par près de trois par rapport à la future réglementation thermique applicable en 2012 ; en particulier, les besoins annuels de chauffage seront divisés par 3 par rapport à ceux d’un bâtiment passif. Le bâtiment assurera de manière naturelle ses besoins de chaud, de froid et de ventilation pendant dix mois de l’année.
Plus de 75 % des besoins annuels de chaud seront couverts par récupération et réutilisation de l’énergie habituellement dissipée en pure perte. Plus de 90 % des besoins annuels de froid seront couverts de manière passive par utilisation de la nappe phréatique en échange dans les plafonds rayonnants. Au total, 80 % des besoins de chauffage, climatisation, groupes géothermiques, eau chaude (restauration comprise), seront couverts par des énergies renouvelables produites sur le site en autosuffisance.
Le bâtiment ainsi conçu s’insère complètement dans le plan climat de Paris et dans le Grenelle de l’environnement dont il constitue probablement la première réalisation architecturale de grande ampleur.

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Interview Croisée

Thierry Escoffier/Ingénieur en chef, directeur de l’établissement d’infrastructure de la Défense, établissement de Vincennes Sylvain Bougenière/Directeur des Travaux du Chantier Balard, Groupement d’entreprises CARDEM/NAVARRA TS   En quoi le chantier Balard est-il placé sous le signe du développement durable ? Thierry Escoffier : Nous souhaitions que le chantier soit exemplaire en la matière. Pour ne [...]

Interview Croisée

Thierry Escoffier/Ingénieur en chef, directeur de l’établissement d’infrastructure de la Défense, établissement de Vincennes

Sylvain Bougenière/Directeur des Travaux du Chantier Balard, Groupement d’entreprises CARDEM/NAVARRA TS

 

En quoi le chantier Balard est-il placé sous le signe du développement durable ?

Thierry Escoffier : Nous souhaitions que le chantier soit exemplaire en la matière. Pour ne citer qu’un exemple, au moment de la consultation pour la réalisation du chantier, nous avons décidé d’inscrire dans le dossier de consultation des entreprises (DCE), un critère de performance en matière de respect de l’environnement. Chaque candidat devait remplir un plan d’assurance environnement en spécifiant les mesures prises pour la gestion des déchets, le mode d’évacuation, la limitation des nuisances… Ce critère comptait pour 25% dans le choix de l’entreprise.

Sylvain Bougenière : C’est dans ce cadre-là, que notre groupement a notamment proposé d’évacuer certains déchets par voie fluviale, via les ports du Point du Jour et de Javel Haut. Après avoir été triés et/ou concassés sur le chantier, les granulats sont transportés en camions vers les ports de chargement. Là, des barges sont remplies et réacheminent les granulats vers d’autres chantiers ou vers des plateformes de stockage. Un exemple très parlant, plusieurs barges ont déchargé des granulats au Port de Bruyère-sur-Oise où ils ont immédiatement été réutilisés dans le cadre des travaux de réaménagement des parkings. Pratique !

 

Quelles sont les autres mesures mises en place ?

Thierry Escoffier : Dans le DCE, nous avons insisté sur l’importance de la valorisation des matériaux. Avant le chantier, nous avions réalisé un diagnostic déchets qui nous a permis d’identifier une technique très spécifique de valorisation des matériaux que quelques entreprises sont capables de réaliser. Nous veillons aussi à ce que les riverains soient le moins possible dérangés par le chantier. Pour cette raison, nous avons fait installer sur site, à différents endroits, des sonomètres qui mesurent le bruit et permettent ainsi de contrôler et limiter les nuisances sonores. On utilise une méthode similaire pour les vibrations. Des son des sont installées dans le sol pour vérifier que les seuils réglementaires de tolérance ne sont pas dépassés.

Sylvain Bougenière : Nous avons également tout mis en œuvre pour préserver la qualité de l’air. Des brumisateurs, utilisant l’eau des bassins d’essais du site, ont été mis en place pour humidifier les matériaux et éviter le trop plein de particules en suspension. L’arrosage à la lance a été également de rigueur lors des opérations ponctuellement préjudiciables permettant ainsi de traiter le problème à la source. Nous avons régulièrement réalisé des prélèvements (mesures d’empoussièrement) pour contrôler la qualité de l’air du site. Nous avons utilisé également l’eau des bassins pour arroser les voiries du chantier. Cela a permis aux roues des camions qui circulaient de rester propres et de ne pas salir les voies de circulation attenantes au site.

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Interview Sylvain Bougenière, Directeur des travaux du chantier Balard groupement d’entreprises Cardem/Navarra TS  » notre objectif est de recycler 100% du béton déconstruit ».

Quelques semaines après le début du chantier, quelles sont les opérations actuellement en cours ? Environ 50% du total des opérations de curage prévues sur le chantier ont été menées. Ces opérations, rappelons-le, consistent à vider les bâtiments de leur mobilier, à les débarrasser méthodiquement des fluides, des réseaux d’eau, des réseaux téléphonique et électrique, [...]

Quelques semaines après le début du chantier, quelles sont les opérations actuellement en cours ?

Environ 50% du total des opérations de curage prévues sur le chantier ont été menées. Ces opérations, rappelons-le, consistent à vider les bâtiments de leur mobilier, à les débarrasser méthodiquement des fluides, des réseaux d’eau, des réseaux téléphonique et électrique, du réseau de chauffage urbain. Lors de cette étape du chantier, nous retirons aussi les revêtements des sols et nous abattons les cloisons.

Le curage des bâtiments voués à la déconstruction s’effectue en respectant certaines normes liées à la protection de l’environnement. En clair, l’évacuation et le traitement des déchets issus de ces opérations sont assurés vers des filières spécialisées afin de recycler le plus possible de matériaux.

La dimension environnementale du chantier Balard est essentielle.

 

Quelles sont les principales mesures prises par les acteurs intervenant sur ce chantier situé en milieu urbain ?

Chacune des entreprises intervenant sur le chantier de déconstruction de la parcelle Ouest du site de Balard a adhéré à un plan d’assurance environnement (PAE) portant à la fois sur le tri, la revalorisation des déchets issus des opérations de curage et de démolition des bâtiments. Ce plan traite également de la gestion des déchets: suivi des quantités, destination, suivi du tri sélectif, suivi sonore et environnemental du chantier, suivi des consommations électriques et des volumes d’eau.

Le respect de cette charte nécessite également la mise en œuvre d’actions précises visant à réduire notamment les émissions de carbone lors du transport des matériaux et à promouvoir des solutions alternatives à l’évacuation par voie routière. La proximité de la Seine et de son port est évidemment un atout important dans notre plan d’actions. Nous travaillons dans ce sens.

 

Quels types de déchets traitez-vous ?

Nous traitons essentiellement des déchets inertes (béton) qui seront évacués du site après concassage. Les déchets banals comme le bois, les ferrailles et les plastiques sont également traités en quantité non négligeable. Il n’y a pas de déchets dangereux sur le site. Il y a cependant des déchets sensibles (batteries, bidons souillés, etc) qui nécessitent des traitements appropriés : stockage avec bacs de rétention, stockage dans des armoires à l’abri des intempéries.

Une signalétique spécifique à chaque type de produit est mise en place pendant toute la durée du chantier. En résumé, à chaque benne mise à disposition sur le chantier correspond une catégorie de déchets et une filière appropriées.

 

Qu’en est-il de l’amiante ?

Certains bâtiments du site nécessitent en effet une opération de désamiantage. A l’heure actuelle, 40% du nombre total des bâtiments ont été désamiantés par nos équipes spécialisées. Concrètement, les ouvriers qualifiés sont équipés d’une combinaison étanche intégrale, d’un masque à haute protection, de gants étanches consignés et renouvelables au début et à la fin de chaque intervention. Les zones sur lesquelles nous intervenons sont strictement étanches et interdites à la circulation des personnes non autorisées. Les déchets extraits des zones dépolluées sont ensuite évacués et retraités dans des centres spécialisés soumis à des normes draconiennes (vitrification des déchets et traçabilité à l’aide de bordereaux de suivi visés par la Maîtrise d’Ouvrage).

 

La déconstruction nécessite-t-elle des moyens particuliers ?

Parmi les moyens matériels mis en œuvre, nous utilisons des pelles mécaniques à grand bras: une pelle de 50 tonnes et une autre pelle de 80 tonnes permettant d’évoluer à une hauteur de 40 m.

Pour la revalorisation des volumes de béton, nous allons installer sur site une machine de concassage sur chenilles. Cette machine permettra en sortie d’obtenir des graves de béton de petite dimension (de 0 à 3 cm). Ce matériau sera ensuite revalorisé vers la filière travaux publics pour la construction de routes. Notre objectif sur le chantier Balard est de recycler 100% du béton déconstruit.

Depuis le début des opérations, 30% du total des bâtiments du site auront été démolis.

 

Quel est le nombre de camions actuellement en rotation ?

Depuis le début du chantier 815 tonnes de déchets ont été évacuées. Il s’agit essentiellement de bois, de ferrailles et de plastiques, le peu de béton étant mis en stock pour un concassage ultérieur.

A l’heure actuelle, l’évacuation par jour est de l’ordre de 25 à 30 tonnes suivant la nature des déchets et le type de camion utilisé.

Les transporteurs sortent par l’accès situé Avenue de la Porte de Sèvres et empruntent, pour la majorité d’entre eux, le boulevard périphérique.

Ces camions se dirigent vers des centres de tri spécifiques situés dans un rayon de moins de 50 km du chantier tels que Bonneuil-sur-Marne ou Aubervilliers.

 

Propos recueillis par Frédéric Devendeville

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