Technicité et environnement
Le désamiantage
Par Sylvain Bougenière, directeur des travaux du chantier Balard.
A ce stade du chantier, sur la parcelle Valin du site de Balard, 18 bâtiments sur un total de 25 ont été traités aussi bien en amiante qu’en plomb.
Ces édifices comportent de l’amiante non friable et nécessitent des protections individuelles et collectives particulières. Chaque bâtiment est traité dans le plus strict respect des normes en vigueur.
La première étape des travaux de désamiantage consiste en la réalisation d’un sas étanche permettant d’isoler les zones à traiter. Ce sas comporte des systèmes d’extraction et de purification d’air ainsi que des infrastructures spéciales dans lesquelles les intervenants ont obligation de passer afin de se « décontaminer » avant de quitter la zone de travaux.
Ensuite, suivant le type de matériaux à traiter (dalles de sols, colle, ragréage, plinthes, mastics de fenêtres…) des méthodologies particulières sont mises en place et le personnel intervenant utilise des outils spécifiés à chaque intervention.
Les produits de ces opérations de désamiantage sont stockés dans des conteneurs spécifiques et sont entreposés dans une zone close interdite à toute circulation en dehors du personnel qualifié et autorisé. Les déchets (matériaux amiantés et équipements de protection individuelle) sont ensuite envoyés pour traitement dans une zone de tri spécialisé. C’est à ce stade que l’on procède à la vitrification des déchets et à leur inertage.
Les matériaux peuvent ensuite être revalorisés vers d’autres filières étant rendus inertes et donc sans danger.
Précision sur l’inertage
La vitrification est un procédé consistant à chauffer les déchets d’amiante à très haute température afin de les fondre et de former un verre valorisable.
Les déchets amiantés sont broyés puis injectés dans un four. La température de ce dernier
est portée à 3 500°C par le biais de torches à plasma. Les déchets sont alors portés en fusion
à une température de 1 500°C, ce qui détruit totalement les fibres d’amiante et produit un
liquide incandescent.
Le liquide incandescent est alors refroidi et devient un sous-produit à l’aspect de verre noir ou de roche basaltique : il s’agit du vitrifiât. Ce sous-produit non dangereux présente des qualités physico-chimiques intéressantes permettant sa réutilisation dans le BTP après concassage en tant que granulats pour sous couche routière ou par incorporation dans la fabrication de produits en béton ou d’autres produits de construction.
Notons que la vitrification est un procédé particulièrement adapté pour les flocages et les calorifugeages, que nous ne trouvons pas présents sur ce chantier.Celui-ci ne comportant pas d’amiante friable.
Les opérations de curage
Dans tout chantier de déconstruction, des opérations de « curage » sont réalisées avant la démolition des structures proprement dite.
Qu’est-ce que le curage ?
Il s’agit très simplement d’une action visant à mettre à nu les structures avant leur destruction, et à séparer les différents matériaux pour faciliter leur recyclage.
Ainsi, les encombrants laissés sur place (mobiliers de bureaux…) sont évacués et les éléments de second oeuvre (cloisons, menuiseries, revêtements de sols…) déposés et récupérés.
Les sanitaires et matériaux céramiques eux, ne sont pas extraits, car il s’agit de matériaux inertes qui peuvent être mélangés aux matériaux de démolition.
Quant aux éléments métalliques, ils sont laissés sur place, puis récupérés au sol par une pelle équipée d’un électro-aimant ou d’une pince à trier. On le voit, la démolition d’un bâtiment nécessite une approche adaptée et particulièrement attentive.
Ces travaux de curage sont aujourd’hui essentiellement mécanisés, grâce à des engins adaptés, type « Minipelle ».
Toutefois, la main de l’homme reste irremplaçable pour des travaux plus fins, tels que la dépose des menuiseries ou des revêtements de sols.
On utilisera alors des arraches-clous, masses, marteau pioche ou coupe-boulon… et bien sûr des chariots et des camions pour acheminer certains de ces matériaux vers leur seconde vie!
Une charte environnementale
Le chantier de déconstruction s’inscrit dans une démarche environnementale forte. A ce titre des moyens prэventifs et correctifs sont mis en œuvre afin de réduire les nuisances pendant toute la durée de la déconstruction : bruits, poussière, encombrements, impact sur la circulation automobile et sur les déplacements des piétons.
Dans le cadre d’une démarche globale de développement durable, chaque entrepreneur signataire d’une charte d’environnement s’est engagé à réduire l’empreinte écologique et énergétique du chantier et à procéder au recyclage sélectif des matériaux issus de la déconstruction.
Des indicateurs de suivi des consommations liés au déroulement du chantier (eau, électricité, carburants) seront publiés régulièrement sur ce site.
Gestion de l’eau, de l’énergie et des déchets
La société chargée de la déconstruction du site a obligation de réaliser un suivi hebdomadaire des consommations d’eau, de fuel et d’électricité. Cet état est remis au maître d’ouvrage.
Dans le cadre de la charte haute qualité environnementale (HQE), le déconstructeur produit chaque semaine un bordereau de suivi des déchets évacués du site (type, provenance, filière d’évacuation, traçabilité).
Consommation de fuel : 30 m3 seront utilisés par les engins et véhicules pendant la durée totale du chantier.
Propriété du site et des abords
Nuisances sonores : un bilan hebdomadaire est assuré par l’intermédiaire de sonomètres installés sur le site.
Nuisances visuelles : le chantier est clos à 100%.
Nuisances olfactives : au fur et mesure de la démolition, les dégagements de poussières sont systématiquement arrosés par l’intermédiaire des pelles mécaniques équipées d’un dispositif d’arrosage intégré ou de lances à eau appropriées.
Propreté des abords : un système de nettoyage des roues des camions est installé à la sortie du chantier.
Les entreprises
Assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) : ESP Conseil / SEGED / MANAD
Réalisation : Groupement Cardem (mandataire) et Navarra (cotraitant)
Pour ce chantier de déconstruction de grande ampleur, le ministère de la Défense a fait appel à une société ayant une longue expérience dans la démolition d’immeubles.
Le marché de démolition – dépollution de la parcelle Valin a été notifié le 7 décembre 2009 au groupement Cardem / Navarra, leaders sur le marché européen.
Sous-traitants : S.I.D.E, ENVIRON France, SERPOL
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